Premier bilan post confinement de l'Insee Bretagne

10 juillet 2020 à 4h29 par Nicolas VETAL

OCEANE FM
Crédit: INSEE
Alors que le taux de chômage passait en Bretagne sous la barre des 7 % à la fin de l’année 2019, la crise sanitaire bouleverse fortement l’ensemble de l’activité économique de la région.


Durant toute la période de confinement, la production des entreprises décroche, comme en témoignent les données de consommation d’électricité, en nette baisse pendant le confinement. Certains secteurs d’activité sont plus fortement touchés que d’autres, comme la construction, le commerce non alimentaire, les services liés à la culture et au sport ou l’hébergement-restauration. Concernant l’économie du tourisme, 9 structures sur 10 ont complètement fermé pendant le confinement. Les petites entreprises et les non salariés sont très représentés dans ces secteurs et risquent donc de pâtir davantage de la crise. Les entreprises ont eu massivement recours au dispositif d’activité partielle mis en œuvre par les pouvoirs publics : les demandes d’activité partielle ont concerné jusqu’à 400 000 salariés simultanément au plus fort de la crise, soit la moitié des salariés du secteur privé de la région. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues, a fortement augmenté (+ 4 % en mars et en avril), surtout parmi les jeunes (+ 20 % en trois mois). Avec la fermeture des commerces non essentiels et les perspectives assombries sur le marché du travail, la consommation des ménages, approchée par les variations de montants de transactions par carte bancaire, s’effondre la seconde quinzaine de mars, de même que le commerce extérieur.


Depuis le 11 mai, les perspectives s’éclaircissent quelque peu. Les chefs d’entreprise indiquent une reprise de l’activité, davantage dans l’industrie que dans les services ou la construction. Cette reprise de l’activité se traduit dans la consommation d’électricité, qui revient à un niveau proche de la normale fin mai. Le recul des créations d’entreprises, très net en mars et plus encore en avril, s’atténue en mai. Les transactions par carte bancaire rebondissent dès la mi-mai, laissant augurer des achats reportés pendant la période de confinement. La fréquentation des véloroutes et des voies vertes bretonnes de la mi-mai à la mi-juin surpasse celle de la même période en 2019. Les exportations comme les importations se sont vivement redressées dès la semaine du 11 mai.


Néanmoins, plusieurs indicateurs conduisent à rester prudent quant à l’ampleur de la reprise : en mai, le nombre de demandeurs d’emploi se maintient à un niveau élevé, et fin mai, 40 000 salariés font toujours l’objet d’une demande d’activité partielle dans l’hébergement-restauration.